Des nouvelles du Front
Parmi tous les faits de violence que j’ai pu croiser dans mon collège durant l’année…
Un fait vient de remonter à la surface.
Une bagarre, une parmi tant d’autres, rien de bien exceptionnel pour mon ancien collège, qui s’était soldée par une demi-journée d’exclusion pour les deux élèves, a été traitée par la justice.
Les faits :
Deux élèves de 6ème se sautent dessus à la fin d’un cours.
Elève A a cherché durant toute la matinée B, et B a fini par exploser lorsque A a insulté un prof.
A et B avait l’un et l’autre de bons gabarits pour leurs ages, après un début en mêlé où les coups pleuvent, B a donné un bon coup de poing au visage de A lui valant un gros coquard.
Or, A et sa maman sont allés quelques mois plus tard, sans rien dire, porter plainte contre B (qui n’était pas à l’origine de la bagarre pourtant) car A aurait une petite déviation nasale.
B a donc été convoqué par la police durant ses vacances.
Mais vu que c’est les vacances, il n’a pu faire appel à aucun témoin.
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B a été condamné à 1 an de sursis pour "violences volontaires" par le tribunal de Grande Instance.
L’affaire est ainsi classée sans suite, à moins que B refasse parler de lui dans l’année.
Elève B : « Madame, j’ai été convoqué par les flics »
La Prof : « Ah bon ? Pourquoi ? »
Elève B : « Ben je croyais que c’était comme témoin pour un fait gravissime de violence que j’avais vu »
« Ben non, c’était pour A, sa mère a porté plainte contre moi ! »
« j’ai 1 an de sursis ! »
La Prof : « Tu plaisantes ? Mais ce n’est même pas passé en conseil de discipline ! En plus je crois me souvenir que c’est A qui a déclenché la bagarre ! »
Elève B : « Oui mais il aurait un problème au nez »
« j’suis trop véner* ! » *énervé
« Les flics ils étaient super sympa, je suis resté avec eux toute la matinée et ils l’ont dit à ma mère que A il l’avait vu, et qu’elle pouvait avoir confiance en moi ! »
« J’ai même plus le droit de lui parler [à A] ! »
La Prof : « C’est sérieux quand même, 1 an de sursis , ça veut dire plus de bagarre, plus de vol, plus rien »
« éviter toutes les ‘’embrouilles’’ ! »
« Heureusement que tu changes de collège, t’aurais pas tenu un an ! :p »
(je plaisante)
Elève B : « Ouais mais d’façon, qu’est ce qu’ils vont faire, ils vont pas m'mettre en prison ! »
« ça existe pas les prisons pour mineurs en France ? Ils vont m’envoyer aux Etats-Unis ? »
La Prof explose de rire (j’adore l’innocence des mômes ;p ) :
« Mais bien sûr que si ça existe les centres fermés pour mineurs en France. C’est une activité que l’on n’a pas encore délocalisé ! »
« Quoique y a de l’idée, délocaliser les prisons en Chine ça coûterait peut-être moins cher à l’état :p :p :p »
Elève B a rigolé.
La Prof : « Blague à part, méfies toi avec les peines aggravées pour récidive pour les mineurs, et puis cela peut te gêner ensuite pour certains métiers... ! »
Elève B : « Bah au pire, j’finirais surveillant à ZEP+ »
:p :p :p
J’adore la répartie de mes petits ;-)
C’est vrai que cela parait incroyable comme histoire.
Quand on pense aux affaires qui n’ont jamais été traitées (exemple)
Et aux autres faits graves qui ont bercé l’année.
Cela me semble beaucoup pour un 6ème ... proportionnellement au reste.
Voilà comment à 13 ans on écope d'un casier et d'un joli feuillet orange.
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ceci est un résumé de notre échange, il va s'en dire que la conversation a été aussi plus sérieuse par moment ;-)
