Avant d'être prof, jai été élève !
J’ai eu de nombreux profs, comme tout élève qui fait des études longues, la plupart étaient sérieux, dévoués à leur métier, passionnés, voire passionnants… et d’autres moins…
En lycée, j’avais donc filé en série littéraire avec en option de spécialité (et facultative) Arts Plastiques.
Avec ma vingtaine de comparses plasticiens et des LV3* pour finir de combler la classe, nous avons subit toute une année un professeur de mathématique.
Discipline que j’affectionne, malgré tout, en tant que bonne cartésienne.
Mais pas n’importe quel prof de math… Le prof de math qu’on ne pouvait raisonnablement et décemment pas attribuer à une classe de scientifiques !
Monsieur L. cumulait à lui seul tous les stéréotypes du « mauvais prof » bien qu’il pouvait avoir un côté attachant dans sa drôlerie.
Fumiste, souvent en retard, mécontent du programme, d’ailleurs il nous avait demandé de rendre nos livres de mathématiques, pervers à ses heures perdues, alcoolique, raciste, misogyne, il poussait la caricature jusqu’à être contre l’avortement et pour la peine de mort !
A chaque cours il avait tendance à susciter des débats (ne serait-ce qu’en déposant négligemment sur son bureau une revue d’extrême droite).
Je le soupçonnais d’ailleurs de le faire exprès pour ne pas avoir la corvée de nous faire cours :o)
Le cérémonial était immuable.
Il arrivait donc systématiquement en retard en bougonnant que cela faisait trop d’étages à monter. Il faut dire que c’était un gros monsieur d’un certain âge.
Empestait l’alcool, quelque soit l’heure, cherchait désespérément ses clefs dans ses poches pendant cinq bonnes minutes, jusqu’à envoyer à l’intendance un élève chercher un double.
Puis grognait que nous étions impolis et entrait.
Je n’ai pas le souvenir qu’il n’ait jamais fait l’appel, mais il savait quand il manquait un élève.
Car il en faisait à sa façon la remarque : « la fille, là avec les percings… elle est pas là ? »
La classe : « non, elle est malade »
M. L. : « pffff, encore entrain de se faire poser un fer ! »
Les deux élèves « scientifiques » de la classe, une camarade et moi-même, riions souvent, et même si nous n’avons pas traité le programme de mathématique, il a su nous poser de nombreux problèmes pour agiter nos méninges.
Avec lui nous avons appris les règles du poker (grâce aux statistiques) et de tous les jeux de craps…
Il nous a aussi confronté à un épineux problème de géométrie dans l’espace avec une localisation complexe et hasardeuse d’un point G.
Les problèmes de Monsieur L. ne manquaient pas de popularité auprès de nos camarades de terminale scientifique qui leurs valaient de belles ‘’capilo-tractions’’, chaque hebdomade, au café du coin.
Monsieur L. avait une étrange manière de nous nommer.
Nous étions tous des petits messieurs et des petites mademoiselles Pénible.
Une seule et unique famille, alors il fallait nous départager grâce à des qualificatifs. J’étais « petite mademoiselle là-bas au fond chevelue Pénible »
Et en effet, je me reconnaissais, puisque j’étais plutôt au fond à droite et que j’avais des cheveux longs.
Parfois notre nomenclature changeait et nous laissait tous dans l’embarras car nous ne savions jamais avec précisions à qui Monsieur L. s’adressait, comme le jour où il demanda :
« où est la fille qui est rentrée avec une jupe beaucoup trop courte pour son âge ? »
La classe : ???
M. L. : « Allez ! au tableau ! »
D’ailleurs, Monsieur L. commençait toujours le cours par un cas pratique, en collant au tableau un(e) élève pour résoudre un exercice. Cela nous valait une note d’oral trimestrielle. Alors, lorsque c’était un point du programme que l’on maîtrisait, nous les filles, suite à l’événement précédent, nous avions compris qu’il ne servait à rien de lever la main pour être interrogée, une jupe était amplement suffisant :-)
Et puis, parfois, il n’y avait pas de jupes…
Alors Monsieur L. devait se résigner à faire appel à la liste d’élèves.
Derrière ses vieilles lunettes aux verres jaunies, clignant des yeux, il disait :
« Prenons un élève dont le nom de famille commence par un A. »
« Monsieur Martinot au tableau »
Sébastien Martinot avait la particularité d’être toujours habillé en bleu.
Il se leva de sa place en soupirant, bouscula gentiment tout le monde pour sortir de la rangée, car nous avions, pour des raisons olfactives, la fâcheuse tendance à tous pousser nos tables au fond de la salle, ce qui laissait peu de passage.
Monsieur L. regardait, assis de son bureau le spectacle en plissant les paupières :
« Mais, mais ! Petit monsieur Pénible là-bas au fond, rasseyez-vous ! »
Sébastien resta perplexe : « Mais vous m’avez dit de venir au tableau !? »
M. L. : « C’est vous Martinot ? »
…
« Mais alors lui c’est qui ? »
Il se leva pour aller toucher son imperméable bleu qu’il avait accroché à côté du tableau !
___________________________
J’avais déjà fait référence à M. L. en bas d’un article.
* Langue Vivante 3 comprendre option une langue vivante supplémentaire. (exemple : LV1 anglais, LV2 allemand, LV3 italien, ou LV1 anglais, LV2 espagnol, LV3 anglais renforcé)
En lycée, j’avais donc filé en série littéraire avec en option de spécialité (et facultative) Arts Plastiques.
Avec ma vingtaine de comparses plasticiens et des LV3* pour finir de combler la classe, nous avons subit toute une année un professeur de mathématique.
Discipline que j’affectionne, malgré tout, en tant que bonne cartésienne.
Mais pas n’importe quel prof de math… Le prof de math qu’on ne pouvait raisonnablement et décemment pas attribuer à une classe de scientifiques !
Monsieur L. cumulait à lui seul tous les stéréotypes du « mauvais prof » bien qu’il pouvait avoir un côté attachant dans sa drôlerie.
Fumiste, souvent en retard, mécontent du programme, d’ailleurs il nous avait demandé de rendre nos livres de mathématiques, pervers à ses heures perdues, alcoolique, raciste, misogyne, il poussait la caricature jusqu’à être contre l’avortement et pour la peine de mort !
A chaque cours il avait tendance à susciter des débats (ne serait-ce qu’en déposant négligemment sur son bureau une revue d’extrême droite).
Je le soupçonnais d’ailleurs de le faire exprès pour ne pas avoir la corvée de nous faire cours :o)
Le cérémonial était immuable.
Il arrivait donc systématiquement en retard en bougonnant que cela faisait trop d’étages à monter. Il faut dire que c’était un gros monsieur d’un certain âge.
Empestait l’alcool, quelque soit l’heure, cherchait désespérément ses clefs dans ses poches pendant cinq bonnes minutes, jusqu’à envoyer à l’intendance un élève chercher un double.
Puis grognait que nous étions impolis et entrait.
Je n’ai pas le souvenir qu’il n’ait jamais fait l’appel, mais il savait quand il manquait un élève.
Car il en faisait à sa façon la remarque : « la fille, là avec les percings… elle est pas là ? »
La classe : « non, elle est malade »
M. L. : « pffff, encore entrain de se faire poser un fer ! »
Les deux élèves « scientifiques » de la classe, une camarade et moi-même, riions souvent, et même si nous n’avons pas traité le programme de mathématique, il a su nous poser de nombreux problèmes pour agiter nos méninges.
Avec lui nous avons appris les règles du poker (grâce aux statistiques) et de tous les jeux de craps…
Il nous a aussi confronté à un épineux problème de géométrie dans l’espace avec une localisation complexe et hasardeuse d’un point G.
Les problèmes de Monsieur L. ne manquaient pas de popularité auprès de nos camarades de terminale scientifique qui leurs valaient de belles ‘’capilo-tractions’’, chaque hebdomade, au café du coin.
Monsieur L. avait une étrange manière de nous nommer.
Nous étions tous des petits messieurs et des petites mademoiselles Pénible.
Une seule et unique famille, alors il fallait nous départager grâce à des qualificatifs. J’étais « petite mademoiselle là-bas au fond chevelue Pénible »
Et en effet, je me reconnaissais, puisque j’étais plutôt au fond à droite et que j’avais des cheveux longs.
Parfois notre nomenclature changeait et nous laissait tous dans l’embarras car nous ne savions jamais avec précisions à qui Monsieur L. s’adressait, comme le jour où il demanda :
« où est la fille qui est rentrée avec une jupe beaucoup trop courte pour son âge ? »
La classe : ???
M. L. : « Allez ! au tableau ! »
D’ailleurs, Monsieur L. commençait toujours le cours par un cas pratique, en collant au tableau un(e) élève pour résoudre un exercice. Cela nous valait une note d’oral trimestrielle. Alors, lorsque c’était un point du programme que l’on maîtrisait, nous les filles, suite à l’événement précédent, nous avions compris qu’il ne servait à rien de lever la main pour être interrogée, une jupe était amplement suffisant :-)
Et puis, parfois, il n’y avait pas de jupes…
Alors Monsieur L. devait se résigner à faire appel à la liste d’élèves.
Derrière ses vieilles lunettes aux verres jaunies, clignant des yeux, il disait :
« Prenons un élève dont le nom de famille commence par un A. »
« Monsieur Martinot au tableau »
Sébastien Martinot avait la particularité d’être toujours habillé en bleu.
Il se leva de sa place en soupirant, bouscula gentiment tout le monde pour sortir de la rangée, car nous avions, pour des raisons olfactives, la fâcheuse tendance à tous pousser nos tables au fond de la salle, ce qui laissait peu de passage.
Monsieur L. regardait, assis de son bureau le spectacle en plissant les paupières :
« Mais, mais ! Petit monsieur Pénible là-bas au fond, rasseyez-vous ! »
Sébastien resta perplexe : « Mais vous m’avez dit de venir au tableau !? »
M. L. : « C’est vous Martinot ? »
…
« Mais alors lui c’est qui ? »
Il se leva pour aller toucher son imperméable bleu qu’il avait accroché à côté du tableau !
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J’avais déjà fait référence à M. L. en bas d’un article.
* Langue Vivante 3 comprendre option une langue vivante supplémentaire. (exemple : LV1 anglais, LV2 allemand, LV3 italien, ou LV1 anglais, LV2 espagnol, LV3 anglais renforcé)
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