Néo-tit... je sais c'est dur.
Prenez du recul !
Facile à dire...
Vous dépensez une énergie folle dans votre boulot pour faire des cours,
et pour faire cours,
vous êtes fatigués, vidés,
on vous a cruellement muté, allez n'ayons pas peur des mots, dans la merde,
vous êtes loin de vos proches (tellement loin que vous ne pouvez même pas les voir tous les week-ends),
vous êtes coincés dans ce bahut pour des années (parce qu'ils ne bénéficient plus d'aucune bonification)... et du même coup dans cette région qui n'est pas la votre...
En plus, vous n'avez aucun soutien (je ne dis pas que c'est le cas dans tous les établissements... mais ça arrive malheureusement)
vous hallucinez de ce que vous voyez, une telle violence (physique et verbale), un niveau si faible, des aberrations si nombreuses...
vous déprimez, vous pleurez parfois sur le trajet pour le collège, vous vomissez tous les matins pendant un mois votre haine de l'éducation nationale dans les toilettes avant de claquer la porte pour partir bosser.
Vous commencez à vous renseigner pour changer de métier...
(ça sent le vécu :)
D'ailleurs j'aimerais bien connaître les statistiques, le pourcentage, de néo-titulaires qui démissionnent avant la fin de leur première année.
Accrochez-vous à chaque moment de joie, riez du système et de la bêtise des élèves...
Attendez que ça passe... parce que ça passe... entre ma première année et la deuxième, c'est le jour et la nuit... (allez, même entre le premier semestre et le deuxième... )
blindez-vous et relativisez... c'est pas à vous personnellement qu'ils en veulent, c'est à votre fonction.
oui, aujourd'hui, mes cours sont globalement calme, les élèves m'écoutent quand je parle (bon, je dis pas que c'est pas parfois la lutte dans les classes poubelles), ils m'apprécient, ils se sont habitués à ma présence (et moi à la leur - syndrome de Stockholm), ils ne se battent plus en mêlé à chaque fois que j'éteins la lumière pour passer une diapo, ramènent leurs affaires, etc. et franchement, les 2 premiers mois, c'était pas gagné !
Les élèves ne m'ont rien épargné, faut dire qu'ils étaient rôdés pour faire craquer un prof, je succédais 5 années de vacataires, à raison de 3 par an !
D'ailleurs ça valait le coup de voir la tête de mes 3èmes au retour des vacances de la Toussaint, médusés de me voir arriver dans le couloir :
"Vous êtes pas parti !"
"Ben non, j'suis bien là moi !" (tu parles !)
Alors si j'ai tenu, vous y arriverez aussi !
Bon, vous serez un peu amer contre l'EN en moins d'une année de service...
Maintenant, c'est une ZEP sensible, alors bien sûr le calme est rompu très régulièrement par un incident, le pétage de plomb d'un élève, etc.
Aujourd'hui j'en ris, je me moque allègrement d'eux pendant les cours... (tout en sanctionnant)
Franchement, je les adore presque tous (allez, 497/500) mais les 3 derniers je les aime bien quand même va :)
C'est mes petits :o)
Et puis c'est très formateur d'enseigner en ZEP, ne serait-ce que d'un point de vue pédagogique, ex : comment faire cours à une classe de dyslexiques, passer maître dans l'art du mime pour les "primo arrivants" (ENAF), etc.
Grâce à eux, je commence à maîtriser tout un tas d'expressions de djeuns de banlieue, j'apprends plein de trucs sur leurs différentes cultures par exemple, (et puis des choses beaucoup moins utiles, ex : comment rentrer dans le collège sans se faire capter par les caméra, comment voler un portable, où se fournir en shit, où trouver une voiture pas cher, où acheter un pistolet à pompe pour 100E - hum hum,...), ils m'offrent des gâteaux pour l'Aïd (el-Fitr)... Je commence à être connue, je peux traverser le quartier (de jour) pour aller chercher un paquet de clopes* sans me faire embêter...
La moral de cette histoire : accrochez-vous, ne lâchez rien, ils finiront bien par se lasser et vous montrer leurs bons profils!
Allez courage :)
_____________________________
* Le tabac c'est très mauvais pour la santé et en plus ça coûte cher!
Facile à dire...
Vous dépensez une énergie folle dans votre boulot pour faire des cours,
et pour faire cours,
vous êtes fatigués, vidés,
on vous a cruellement muté, allez n'ayons pas peur des mots, dans la merde,
vous êtes loin de vos proches (tellement loin que vous ne pouvez même pas les voir tous les week-ends),
vous êtes coincés dans ce bahut pour des années (parce qu'ils ne bénéficient plus d'aucune bonification)... et du même coup dans cette région qui n'est pas la votre...
En plus, vous n'avez aucun soutien (je ne dis pas que c'est le cas dans tous les établissements... mais ça arrive malheureusement)
vous hallucinez de ce que vous voyez, une telle violence (physique et verbale), un niveau si faible, des aberrations si nombreuses...
vous déprimez, vous pleurez parfois sur le trajet pour le collège, vous vomissez tous les matins pendant un mois votre haine de l'éducation nationale dans les toilettes avant de claquer la porte pour partir bosser.
Vous commencez à vous renseigner pour changer de métier...
(ça sent le vécu :)
D'ailleurs j'aimerais bien connaître les statistiques, le pourcentage, de néo-titulaires qui démissionnent avant la fin de leur première année.
Accrochez-vous à chaque moment de joie, riez du système et de la bêtise des élèves...
Attendez que ça passe... parce que ça passe... entre ma première année et la deuxième, c'est le jour et la nuit... (allez, même entre le premier semestre et le deuxième... )
blindez-vous et relativisez... c'est pas à vous personnellement qu'ils en veulent, c'est à votre fonction.
oui, aujourd'hui, mes cours sont globalement calme, les élèves m'écoutent quand je parle (bon, je dis pas que c'est pas parfois la lutte dans les classes poubelles), ils m'apprécient, ils se sont habitués à ma présence (et moi à la leur - syndrome de Stockholm), ils ne se battent plus en mêlé à chaque fois que j'éteins la lumière pour passer une diapo, ramènent leurs affaires, etc. et franchement, les 2 premiers mois, c'était pas gagné !
Les élèves ne m'ont rien épargné, faut dire qu'ils étaient rôdés pour faire craquer un prof, je succédais 5 années de vacataires, à raison de 3 par an !
D'ailleurs ça valait le coup de voir la tête de mes 3èmes au retour des vacances de la Toussaint, médusés de me voir arriver dans le couloir :
"Vous êtes pas parti !"
"Ben non, j'suis bien là moi !" (tu parles !)
Alors si j'ai tenu, vous y arriverez aussi !
Bon, vous serez un peu amer contre l'EN en moins d'une année de service...
Maintenant, c'est une ZEP sensible, alors bien sûr le calme est rompu très régulièrement par un incident, le pétage de plomb d'un élève, etc.
Aujourd'hui j'en ris, je me moque allègrement d'eux pendant les cours... (tout en sanctionnant)
Franchement, je les adore presque tous (allez, 497/500) mais les 3 derniers je les aime bien quand même va :)
C'est mes petits :o)
Et puis c'est très formateur d'enseigner en ZEP, ne serait-ce que d'un point de vue pédagogique, ex : comment faire cours à une classe de dyslexiques, passer maître dans l'art du mime pour les "primo arrivants" (ENAF), etc.
Grâce à eux, je commence à maîtriser tout un tas d'expressions de djeuns de banlieue, j'apprends plein de trucs sur leurs différentes cultures par exemple, (et puis des choses beaucoup moins utiles, ex : comment rentrer dans le collège sans se faire capter par les caméra, comment voler un portable, où se fournir en shit, où trouver une voiture pas cher, où acheter un pistolet à pompe pour 100E - hum hum,...), ils m'offrent des gâteaux pour l'Aïd (el-Fitr)... Je commence à être connue, je peux traverser le quartier (de jour) pour aller chercher un paquet de clopes* sans me faire embêter...
La moral de cette histoire : accrochez-vous, ne lâchez rien, ils finiront bien par se lasser et vous montrer leurs bons profils!
Allez courage :)
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* Le tabac c'est très mauvais pour la santé et en plus ça coûte cher!
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