Trainer of deer in
Cette semaine nous allons faire l’étude d’un
cas, une étude de cas.
Nous allons imaginer un casse-pieds et je vais vous narrer une scène totalement fictionnelle qui bien entendu ne pourrait avoir lieu dans un
collège.
Nous spéculerons ensemble sur cet incident et sa gestion.
Je vous rappelle l’avertissement en bas du blog :
Alors qu’on ne vienne pas m’embêter avec le « devoir de réserve » ;-)
Je me garderais bien de remettre quoi ou qui que ce soit en cause.
Dérapage en cours
C’est bien connu, il y a des gens qui semblent ne vivre que pour enquiquiner le client l’élève !
Durant le cours j’ai toujours dans chaque classe des élèves qui ne font pas grand chose, ou plutôt beaucoup de choses en vue de perturber leurs camarades et les empêcher de travailler.
Ce jour, ce fut Kévin…
Kévin est un véritable casse-pieds qui n’a comme seul objectif de cours emmerd** le plus grand nombre possible, moi compris. Sa spécialité le sabordage de cours et les remarques perverses à
connotations sexuelles.
C’est d’ailleurs avec lui que j’ai inventé une expression pour qualifier ses faits sur les rapports :
« l’incitation à la rébellion ».
Kévin est largement connu de tous, il n’a d’ailleurs plus le droit de citer dans certains cours car il y mettait un tel bordel qu’il a obtenu (non sans mal des collègues) une exclusion à l’année
de certaines disciplines.
Kévin a aussi un abonnement chez le Principal où il séjourne régulièrement durant la semaine.
D’ailleurs Kévin est (plus ou moins) en sursis… il n’est donc plus censé faire parler de lui !
Mais Kévin vient en arts plastiques (parfois).
Il bavarde beaucoup avec d’autres casse-pieds, interpelle continuellement ses camarades pour leur faire des commentaires désobligeant réussissant à énerver même l’élève le plus motivé.
Kévin dessine parfois… mais ce n’est jamais le sujet qui est à traiter.
Sa spécialité, je vous le donne dans le mille, le dessin « pornographique », et généralement, il ne manque pas de dire à ses voisines que c’est d’elles dont il s’agit, éventuellement en rajoutant
leurs noms à même ces corps aux positions improbables.
Comme toujours le carnet de Kévin est sur mon bureau dès le début du cours.
Comme toujours, Kévin est en bonne voie pour finir le cours chez le Principal.
Sa voisine se met à crier et m’appelle.
J’avais bien vu le manège, et j’allais déjà à mon bureau pour me saisir de son carnet et demander à Kévin d’écrire lui-même le mot pour ses parents (sous ma dictée, je vous rassure
;-)
Mais la voisine s’empare de l’objet du délit et se met à courir à travers la salle, poursuivit par Kévin. Alors qu’elle se sent rattrapée, elle fait
une boule avec l’œuvre de Kévin et me l’envoie en criant « attrapez le ! »
Tel un receveur de base-ball je m’avance regardant en l’air, la balle la boule de papier est presque dans ma main…
Quand je me fais plaquer par Kévin !
‘tin je savais pas qu’on pouvait se faire tacler au base-ball !
Je recule d’un bon mètre et manque de tomber par terre.
Car le Kévin, content d’avoir récupéré son dessin et qui est gentiment entrain de retourner à sa place comme si de rien était, n’a pas remarqué qu’il m’était rentré dedans avec une violence
certaine !
Les élèves de la classe en font pourtant le constat, quelques-uns lui signifient qu’il a dépassé les bornes.
La voisine me demande si ça va.
Je me redresse en me tenant le bras (car le c** il m’a bien fait mal !)
Faut dire que le Kévin il fait une tête de plus que moi.
Les minutes de cours de Kévin sont désormais comptées.
Nous sommes debout au milieu de la salle.
(vous vous doutez bien que la totalité de l’incident se déroule très vite en quelques minutes !)
Je lui dis qu’il pourrait au moins s’excuser !
Il s’arrête, se retourne et me répond d’un air blasé, « ouais c’est bon »
La Prof : « Kévin, tu m’as fait mal au bras, enfin au coude ! »
Kévin : « Vous avez qu’à mettre une minerve ! »
La Prof : « pas au cou, AU COUDE ! »
Son voisin le nargue en lui disant : « Ouais c’est comme moi avec la prof de math on va dire que tu l’as
bousculé et tu vas être viré trois jours »
A savoir que son voisin a crié sur sa prof de math, l’a insulté, bousculé, menacé, jusqu’à la faire sortir de sa salle en plein cours en pleurant !
Le voisin continue : « et puis c’est n’importe quoi ! je l’ai même pas touché ! blablabla… »
Kévin s’empare d’un objet tranchant et dangereux (que pour des raisons d’anonymat je ne préciserais pas davantage, bien que tout ceci est une situation totalement
hypothétique).
Je vois l’objet tournoyé dans les airs en direction du voisin.
Impossible pour moi de l’arrêter !
L’objet s’écrase juste aux pieds du voisin (personnellement, vu l’angle et la force je misais pour le ventre !)
Le voisin a eu beaucoup de chance.
Quelques secondes un lourd silence emplit la salle.
Le voisin le regarde surpris et ne comprend pas pourquoi Kévin a fait ça.
Je réagis, lui demande pourquoi il a lancé l’objet et sans même attendre la réponse lui dit de ranger ses affaires.
Les autres élèves aussi lui demandent d’expliquer son geste.
Kévin nie à sa façon en disant simplement qu’il a voulu passer l’objet à son voisin.
La Prof : « Kévin tu sors ! »
Kévin quitte la salle en brayant et en ne manquant pas de me dire qu’il va aller se plaindre !
Le cours s’est fini dans le calme.
A la fin du cours, Kévin est revenu.
Je l’ai intercepté à la porte.
Kévin : « Ouais mon carnet »
La Prof : « Tu es parti avec, je ne l’ai pas, regarde dans ton sac »
Alors qu’il fouille.
La Prof : « Tu peux le garder, je ferais un rapport »
Kévin : « Un rapport pour ça !!! »
La Prof : « oui, bousculer un prof et jeter un [bip] sur un camarade ça vaut un rapport ! »
Kévin s’est alors énervé en criant tout en s’éloignant : « ouais c’est n’importe quoi, de toute façon je
m’en bats les couilles ! » etc.
L’incident a bien sûr fait le tour du collège et quelques 3èmes majoritairement – de gentilles nanas et des caïds (dont Chouchou) – n’ont pas manqué de venir me voir après la récréation pour me demander comment j’allais… prêt si besoin à en découdre avec le
Kévin.
Dans le cas où cet évènement aurait eu lieu, j'aurai, bien entendu, prévenu par téléphone son professeur principal et passé une bonne heure à rédiger dans les moindres détails le rapport d’une
page et demi dactylographié… car je compterais bien obtenir un conseil de discipline.
Demain, la suite de ce non-évènement ;-)
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