Amour-haine, chouchous et têtes à claques 2

Publié le par La Prof

le_monde_de_l____ducation_decembre2006.gif Des chouchous j’en ai, des élèves que l’on remarqueplus que d’autres. Et comme le souligne l’article, ce n’est pas un fayot, ce ne sont pas forcément non plus de « bons » élèves dans ma discipline, non pas que je n’apprécie pasceux-là !

En fait, MON chouchou, le chouchou de tous mes chouchous :o) c’est un gamin classé « tête à claque » !

Je l’avais déjà l’année dernière, je ne compte pas le nombre de rapports d’incident que j’ai rédigé sur lui, c’est bien simple, il y a une période, je crois que je le voyais 20mn tous les mardis après les cours pour que l’on rédige ensemble ses exploits.

Bien sûr, ça crée des liens à force :o)

Sa spécialité, le truc stupide qui amuse la classe, rarement méchant, mais qui fait perdre du temps en cours… Parfois j’étais obligée de prendre sur moi, ou de me retourner vers le tableau, pour ne pas éclater de rire tant c’était stupide. Le genre d’élève qui finit dans un arbre quand on dessine dehors !

Cette année j’ai retrouvé mon petit caïd en 3ème qui faisait comme toujours parler de lui en salle des profs, et au bout d’un mois, les mêmes tensions que l’année dernières redémarraient, alors avant que ça devienne du ‘’n’importe quoi’’, j’ai arrondi les angles avec les collègues auprès de qui il était très pénible, expliquant un peu son parcourt (il a pas une vie facile, en fait, il casse les pieds pour qu’on le remarque, il est en quête d’affection, c’est juste un pauvre gosse des rues - comme beaucoup d'autres). Et en parallèle je me le suis coincée plusieurs fois pour lui remettre les pendules à l’heure !

La première fois, où je l’ai chopé pour une énième connerie en langue, français et techno, il était surpris et ému quand un surveillant l’a amené dans ma salle. Il ne comprenait pas pourquoi il atterrissait là, puisque dans mon cours, plus de problème. Je l’ai sermonné (gentiment) en lui faisant comprendre qu’il allait finir par se faire virer s’il ne calmait pas le jeu. Qu’il pense à son orientation, à sa mère… J’ai joué la carte de l’affectif à fond… Que je ne le punissais pas, que je lui donnais juste mon avis, à lui de voir ce qu’il voulait, je l’informais juste des risques !

Les yeux brillant et souriant il m’a dit « vous vous inquiétez pour moi ?». Finalement c’était ce qu’il souhaitait, que quelqu’un fasse attention à lui.

Depuis, je suis devenue en quelque sorte son médiateur entre lui et mes collègues. Maintenant il se sent apprécier et fait beaucoup moins parler de lui (encore un peu car il veut pas « être une tapette dans le quartier »).

Alors les chouchous, je suis pour (tant que ça ne pénalise pas les autres), car dans ce cas, ça aura remis sur les rails un gamin… Maintenant, faut que j’arrive à le mettre sérieusement au boulot !

Je sens que j’ai pas fini de m’en faire pour mon chouchou :)


Les aventures de Chouchou [1], [2], [3], [4].

 


Enfin, avec certains ça restait bon enfant, mais j’ai une collègue de langue et une d’histoire géo avec qui ça se passait très très mal, il a même fini exclu jusqu’à la fin de l’année de langue car il menaçait continuellement la prof et l’attendait sur le parking pour la faire craquer !

 

Publié dans Prof en ZEP+sensible

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